16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 23:01

Ce soir, j'ai ouvert un nouveau traitement de texte et j'y ai noté quelques idées et phrases en vrac. L'écran de veille de mon ordinateur est constellé d'icônes de documents parfois vieux. Par curiosité, j'en ai ouvert un. Je l'ai lu, j'ai ri. Il s'agit d'une courte nouvelle de deux pages rédigée il y a des années. La voici donc, petit cadeau de ma part à ma poignée de fidèles lecteurs...

 

 

*****

 

C'est difficile de se dire à 25 ans qu'au final on a rien accompli. Mais vous savez, ma grand-mère m'a confié un secret : à 85 ans, on pense la même manière. Pourtant on en a fait des choses : voyages, fêtes, mariages, déménagements, enfants, blessures, bonnes actions, lectures, acte de foi... Parfois certaines personnes s'adonnent à l'art pour donner un but à leur existence. Mais en réalité, toutes ces activités ne sont que du remplissage. Franchement, ça change quoi d'avoir vu, ressenti et connu beaucoup de choses ? Une vie bien remplie vaut-elle mieux que celle du simple homme qui s'est contenté du minimum ? Qui a suivi scrupuleusement la même routine des années durant ? 

 

De toute façon à la fin, on finit tous dans le même bateau, qu'on soit satisfait ou non de la vie qu'on a mené, qu'on ait fait beaucoup de choses ou non. On se décompose tous pareillement. On disparaît tous et quelques générations plus tard, voilà votre souvenir relégué aux oubliettes ! Ma grand-mère m'a confié que le plus important, c'était de profiter de ceux qu'on aime tant qu'on le peut, car c'est là la clef du bonheur.


 
Personnellement, du haut de mon quart de siècle, je n'ai pas accompli grand chose. Je n'ai pas le permis de conduire, je suis caissière dans un supermarché minable, je ne suis ni mariée ni mère, je ne suis propriétaire de rien du tout. Oh bien sur j'ai suivi sans conviction quelques études d'histoire, et puis après... ma foi je n'ai pas su. Trouver quoi faire de sa vie, c'est la grande question à laquelle je ne sais pas répondre. Je ne sais pas quoi faire. Je n'ai ni talent particulier, ni ambition ou vocation. Tout ce que je voulais je crois, c'était me laisser vivre confortablement avec mes copines et mon mec. Je n'aspirais à rien d'autre que de rigoler en fait. Rien de profond ou de transcendant. 

 

Et puis le temps passe et il devient indécent de compter uniquement sur ses parents. Après tout on a nos propres revenus, grâce à notre job d’été. Des rêves de vacances entre potes et d’appart’ avec le petit copain pointent le bout de leur nez. Alors on lâche tout, on signe le temps plein pour ce travail ingrat et sous-payé, ce service rendu à autrui qui s’empresse de te cracher à la gueule au lieu de te remercier. Les factures pleuvent sur tes bulles de rêves de gosse et les explosent. Les beaux tableaux de la famille bienheureuse avec maison - voiture - jardin - piscine et toutou t’ont bien arnaqués, ils t’ont menti car la réalité est bien moins reluisante !  Te voilà prisonnier, prisonnière. Tu rames, tu travailles, tu ne fais rien. Mais tu vis avec les gens qui t’aiment. Du moins je te le souhaite.

 

Arrête moi si je raconte n’importe quoi. Comme là par exemple. Être avec ceux qu’on aime, quelle arnaque. Gagner de l’argent pour pouvoir vivre en colloc’ avec eux, partir en voyage. Pfff. Si on leur en laisse les moyens, tous les amis se font la malle quelques années ou seulement quelques mois après la fin de nos études. Oh mais je veux aller vivre au soleil. Ah mais je vais suivre ce bel homme, c’est l’amour tu vois. Et moi, je ne suis pas ton soleil ? Je ne te donne pas tout mon amour tous les jours ? Entre ceux qui partent, ceux qui en suivent d’autres, ceux qui font carrière et qui n’ont plus le temps, ceux qui décident simplement de t’oublier et ceux qui pensent à toi mais vite fait, dans un SMS “appelle moi si tu as besoin” tapé entre deux soirées avec d’autres… on n’est pas si bien entouré.

 

Cela ne va pas, la vie, je m’en suis rendu compte un jour. Changer d’activité et garder ses proches au plus près de soi. Voilà ! Cette étincelle. C’est à ce moment que j’ai eu mon accident. Mes souvenirs sont assez confus je dois l’avouer. Je suis désolée, j’aurai du mal à vous le raconter. Néanmoins ce fut une totale libération. Mon existence fut bouleversée à tout jamais pour mon plus grand bonheur. Dorénavant je ne suis plus tributaire d’aucun système capitaliste occidental. Je suis mon propre maître.


 
Et de surcroît j'ai trouvé quoi faire de ma vie. 

 

Je mange. 

 

Je mange. Oui c'est tout, et ça me convient parfaitement. Je crois que jamais je ne me suis sentie aussi heureuse et sereine. Me goinfrer, ça c’est un truc que je sais faire à la perfection ! Toute la journée je me repose. Je digère afin de préparer mon fantastique corps à ces exploits. Et quand la nuit vient, je sors péniblement (oui parce que je dois vous avouer que ma mobilité s'est fortement dégradée depuis mon accident) et je me balade lentement. Certes, je suis devenue extrêmement maladroite, et je marche mal... mais ça n'est pas facile aussi quand on est dans mon état ! Concevez un peu de pitié et de compréhension tout de même, restons civilisés !


 
Bref, je vous racontais : je mange. Il n'y a rien de meilleur ! Si si ! J’apporte l’énergie nécessaire  à mon corps afin qu’il fonctionne et se meuve. Je peux bouger donc je peux manger. Ad vitam aeternam. La saveur brute et profonde de la viande, ce petit bout de bonheur juteux entre les dents, toutes ces sensations de délice sur mes papilles, dans mon ventre. La peau se tend car j’ai beaucoup mangé. Je suis gourmande, ingurgiter tout un tas de nourriture me rend pleinement heureuse, ça me fait du bien au corps. Et ce qui procure du bien-être au corps donne du baume à l’âme.  

 

Fumer, boire, avant tout cela ne m’apportait pas réellement de joie ou d’assurance. Ça m’a plutôt jauni les dents et rendu malade beaucoup trop de matins. Par contre, la nourriture, quel réconfort ! Encore aujourd’hui, quand je mange je ne me sens plus seule. C’est tout le contraire. Je réalise enfin mon rêve tout en jouissant du plaisir d’humer son repas, de saliver devant et enfin de l’entamer de façon très gloutonne. Je vous écoeure à force de ne parler que de bouffe ? Mais je vous le répète, c’est dorénavant toute ma vie.

 

Et, bonheur suprême, mes proches ne peuvent pas être plus prêt de moi à présent : je les ai dévoré !

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 17:03

Aujourd'hui j'ai eu envie de jouer, alors je me suis servi du site http://www.zulma.fr/atelier-ecriture.html comme l'avait fait Tenshi dans son blog. [ link ] Le problème c'est que mon imagination est partie dans tous les sens et le texte s'est révélé incompréhensible sans ajouts. Je me suis bridée dans mes intromissions pour conserver le format d'un texte court et mystérieux. Je vous fais partager le résultat, j'espère que ça vous plaira de le lire. (Yrwen tu devrais essayer aussi ^^)

 

 

 

 

  L'animal étendu maintenait une jeune enfant entre ses pattes, qui d'ailleurs ne semblait se formaliser outre mesure de cet état de fait... En y regardant de plus près, je m'aperçu que la fillette se léchait le dos d'une main à la manière d'un chat... N'importe qui aurait senti une peur irraisonnée de cette étrangeté lui nouer le ventre, mais pas moi.. Cette vision m'effraya pour une toute autre raison, car c'est à ce moment que je compris : la jeune enfant n'était reliée à rien dans ce monde... Donc, jamais elle ne recevrait d'affection de la part de mes congénères humains : ils craignaient bien trop le bizarre. J'eus alors soudainement envie de la pousser dans le vide et de me laisser tomber à sa suite, la suivre dans son monde et prendre soin d'elle... oh oui cette fuite serait un véritable délice !

 

   Bien évidemment, je ne pouvais faire une telle chose, et je ne le fis pas. En revanche, je continuais mes promenades nocturne sur la falaise quotidiennement. Et tous les soirs, se tenaient le grand animal et l'enfant aux attitudes féline. Tantôt elle frottait son nez contre celui de son protecteur en émettant un drôle son qui devait correspondre dans son esprit à un ronronnement, tantôt elle gambadait vraiment trop près du bord, comme si elle savait que je voulais la pousser, comme si elle me narguait... Vas-y si tu l'oses ! 

 

   Si seulement elle avait eu conscience que c'était pour son bien.

 

  Personnellement, j'ai toujours souffert d'une paresse exacerbée. Sortir avec des amis pour ingurgiter de l'alcool en commentant la journée, non merci. Alors je préférais passer mes soirées en compagnie de mes livres chéris. De la lecture on en vient souvient à l'écriture, cette attente éternelle d'une aventure....C'est ainsi que je me mis à effectuer cette ballade en pleine nuit. Quoi de mieux pour trouver l'inspiration que de flâner le nez au vent, les yeux dans les étoiles, l'esprit à la recherche de quelque phénomène insolite ? A mon retour, je m'atelais à la tâche, fébrile, le crayon crissant contre le papier. Dans l'espoir de faire naitre quelque chose. Toute seule.

 

  La journée, je devais bien travailler, comme tout le monde. Mais seulement pour gagner un peu d'argent. Il faut bien manger pour entretenir sa sagacité et sa vivacité mentale. Mon métier ? Mais quelle importance ? J'avais à peu près tout testé des emplois ingrats et monotones. Tant que ça n'était ni fatiguant ni compliqué, je prenais. Mais de toute façon je ne nourrissais aucun but, aucune ambition, autre que celle de tromper mon ennui en affabulant et en démabulant toutes les nuits. Mon existence n'aurait pas eu davantage de sens, puis que le problème, c'était précisément ma personalité... Le pire, c'est que j'ai toujours été animée de cette détestable volonté de bien faire, de plaire à ceux qui de toutes façon ne me comprennent pas. Alors que seuls les voyages auraient du m'importer...

 

  Finalement j'aurais certainement du pousser cette fillette dans le vide et sauter avec elle. Qu'est-ce qui m'a retenu ? Je ne le sais pas encore... et vous ?

 

  Voilà comment se construit une histoire, il suffit d'écouter ses rêves les plus nébuleux, sans jamais se poser de barrière mentale. Plus vous essaierez de réfléchir à qu'elque chose d'intelligent, moins cela fonctionnera.. Et si vous croyez assez fort au pouvoir de l'imaginaire, vous aussi vous pourrez courir après des fillettes à l'esprit de chat pour oublier l'espace d'un moment votre quotidien absurde.

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[Tuto] Repérer et identifier une Hyatt sauvage

Carte d'identité : Hyatt, 1/4 chatte, 1/4 ourse, 1/4 rêve, 1/4 humaine.

Activités : faire le moins possible de mal durant son existence.

Peut être appâtée par : de la nourriture, un mot doux, un livre, du papier et un crayon, une séance de ciné, un jeu (plateau, carte, vidéo, de rôle...), un animal mignon, un dragon.

Se rencontre : généralement sur un canapé, dans un lit, derrière un ordinateur, dans la nature le plus près possible des arbres et/ou des étendues d'eau.

Se reconnait : à son tatouage en forme de rose sur la nuque et son labret (piercing au menton).

Un Truc À Chercher ?

Remerciements

Merci à vous tous de me lire et de parfois prendre le temps de me laisser un commentaire, ça me touche toujours beaucoup. Merci à mes lectrices et lecteurs d'un jour ou de toujours, que vous vous soyez manifestés à moi ou que j'ignore que vous me lisez.  

 

Il est vrai que j'écris avant tout pour moi-même, mais également pour vous un petit peu... Alors à vous tous que j'aime tant, qui réussissez à me supporter et me faites compter parmi vos proches, je vous dédie ce blog. Je vous dédie mes mots à tous.

 

 Merci.