Lorsque la conteuse met son cœur à nu devant vous... Etats d'âmes, tranches de vie, réflexions, revues ludo-culturelles, engagement pour la Planète et un mode de vie non-violent.
Les mots ne me viennent pas encore pour te rendre hommage. Demain, je devrais t'adresser un dernier adieu. Peut-être qu'à ce moment là je réaliserais ce qui s'est passé... je ne t'ai pas encore vue sans vie alors je n'y crois pas trop, au fond de moi. Demain peut-être que je réaliserais que je ne te reverrais plus jamais. Que je t'ai perdue... mais je ne sais pas. J'ai l'impression de t'avoir perdue depuis si longtemps... depuis des années, à cause de cette maladie !
Je fais de mon mieux pour me remémorer qui tu étais vraiment, au lieu de ce fantôme affaibli et à moitié lucide qui a souffert toutes ces dernières années. Alzheimer m'effraie. Perdre sa raison, c'est une chose que je ne veux pas voir sur mes proches. Moi, je préférerais mourir avant d'être trop âgée et malade... Je suppose... Bon, tu ne souffres plus, et malgré moi je suis soulagée.
Tu vas laisser un grand vide, c'est incontestable. Mais de toute ta vie, tu as été une femme forte et digne, alors je vais tenter de suivre ton modèle. Une femme qui ne se laisse pas abattre et qui met tout en œuvre pour protéger et materner les siens, symbole même de la Mère. Affectueuse, pragmatique, drôle, pleine de valeurs et dévouée, telle était celle qui m'a élevée, qui a élevée mon père et ma tante, qui a élevé mon cousin, fils de son frère.
Je me souviens de tous les jeux que nous faisions lorsque j'étais enfant, je me souviens aussi que à table, je me suis toujours assise à coté de toi même lorsque j'ai su couper ma viande et mes fruits toute seule ! Je me souviens d'ailleurs que tu insistais toujours pour prendre la plus mauvaise part du plat, pour ne pas pénaliser les autres, tout ceux sur qui tu veillais. Je n'ai pas manifesté suffisamment de reconnaissance, mais je crois que jamais on ne peut assez remercier une mère.
Demain, ce sont tes obsèques, ma chère mamie, mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas une part de mon enfance qui s'en va avec toi, c'est une part de toi qui va rester pour toujours avec moi. Ton sang coule dans mes veines, tes valeurs battent dans mon cœur, ton caractère demeure dans mes souvenirs. Je suis fière d'avoir le coté coté Cubeau borné et le coté Dupont sensible. En parlant de Dupont, si jamais il y a un au-delà quelque part, tu as du rejoindre ton mari... dis lui de ma part que j'aurais adoré le connaître. Je suis certaine qu'il était formidable. Je n'ai jamais osé poser trop de questions mais j'aurais été (et je suis toujours) vraiment curieuse d'en savoir plus à son sujet.
Tu vas me manquer, tu me manquais déjà depuis longtemps, tu me manqueras toujours.
Je t'aime mamie.