Récemment j’ai parcouru le blog d’une personne qui se reconnaitra probablement
si un jour je divulgue l’adresse de celui-ci et qu’elle décide de venir y jeter un œil. Elle y disait qu’elle ne parvenait pas à écrire lorsqu’elle était heureuse. Que la bonne écriture inspirée
venait de la douleur. Elle n’a pas tort. D’ailleurs je pensais comme elle auparavant. Cependant je sais actuellement que cette étape n’est que la première de l’écriture. Se regarder souffrir et
analyser cette souffrance par l’écrit, exorciser sa douleur par les mots, c’est très bien, c’est un très bon début. Lorsque l’on va mieux on n’arrive plus à écrire. Car notre sujet, notre mal,
n’est plus. C’est un peu comme si il n’y avait plus lieu d’être inspiré et de coucher des mots sur le papier. L’écriture est vaine et stérile, d’ailleurs le besoin d’écrire se fait moins ressentir.
Ça m’est arrivé, cette période de vide alors que je j’allais bien. Et puis, doucement, mais surement, l’envie irrésistible et impérieuse d’écrire revient à l’assaut. Et comme avant, on ne peut plus
y échapper. Mais alors quoi écrire ? Peu importe, n’importe quoi, tant que le besoin est apaisé. Comme je l’ai dit, me concernant, ce besoin est satisfait actuellement par les "role-play" et le
présent journal virtuel. Si la veine de l’écriture est en nous, l’inspiration revient et nous nous apercevons qu’il est possible d’écrire même lorsque que tout va bien.
Est-ce autant satisfaisant ? Je crois. Pourtant la création est moindre. Où est passé ce vaste univers magique régi par ses propres lois ? Où sont passés les centains de personnages et
créatures fantastiques ? Où sont passées les dizaines d'heures d'écriture quotidiennes ? ... Où est passé ce fantôme qui ne vivait pas pour elle-même mais pour ce monde, pour ses innonbrables
autres vies imaginaires ... ?
Le vaste monde est là, tout près, tapi sournoisement dans les recoins de ma mémoire. Mais il est parti de mon coeur et de mes pensées. Il n'existe plus pour moi autrement que comme une
entrave à ma création, que comme un bénéfique rappel d'une période de non-vie dans laquelle il ne faut plus jamais retomber.
Les personnages sont morts-vivants, tel leur créatrice auravarant, qui devait mourir un peu pour leur influer sa propre vie. Morts car oubliés, reniés, cachés, sans espoir de retour. Vivants
car immortalisés sur le papier. Vivants en quelque sorte en moi, qui suis revenue à la vie lorsque j'ai fais le choix de m'écarter définitivement de ce pîège irréel, vivants car je vis aujourd'hui
et qu'ils sont forcément un peu moi... Palpitent-ils d'excitation dans leur feuilles de papier, à me voir vivre pleinement et réellement sans songer à eux ? Ou s'évanouissent-ils petit à petit ?
Peu m'importe... ils n'existent pas.
Les journées entières passée à écrire sont heureusement révolues. Passer son existence à écrire, ce n'est plus tellement vivre. Maintenant je vis et j'en suis heureuse. Avant, l'étais-je ?
Difficile à dire puisque je ne vivais pas entièrement dans le monde réel.
Alors, oui, le besoin d'écrire est satisfait, tout comme le besoin de vivre.
Je devrais brûler ces milliers de feuilles... Pour être totalement libre... Pour me venger du temps qu'elles m'ont volés... Pour prouver que je n'aime plus ce monde de pacotille et que je
n'en n'ai plus aucun besoin !