24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 16:26

J'ai toujours écrit ou raconté des histoires, aussi loin que remonte ma mémoire, depuis aussi longtemps que mon esprit s'est forgé. A moins que les bébés et tout petits enfants possèdent leur imagination ? Je n'en sais rien car je ne m'y connais guère en nourrissons, et puis voilà que je digresse déjà. Breeef. Les histoires, les mots, l'écriture, tout cela fermente dans mon imagination, et si j'ai laissé se gâter et de déliter mon talent depuis sept années, je suis sur le point de réparer mon erreur. Je suis rouillée, à moi de retrouver mon vocabulaire et mon savoir en orthographe, à moi de renouer avec mon style émoussé et de l'améliorer. Je suis prête à souffrir un peu afin de laisser naître des personnages de moi, car j'avais raison il y a sept ans lorsque j'ai songé " écrire c'est souffrir, ne plus écrire c'est souffrir davantage ". Un lourd - mais néanmoins enivrant - travail m'attend. Etudes de dictionnaires, beaucoup de lecture (je suis en bonne voix depuis l'an dernier) et écriture sans relâche, même si c'est mauvais et que je dois jeter le produit de mes efforts par la suite. Ma conception personnelle de l'écriture est la suivante : plus on pratique, plus on adore cela et plus on y excelle. Mais il faut donner de soi, c'est bien cela qui m'avait détourné de ma voie lorsque à ce moment pivot de mon existence j'ai choisi de repousser les mondes imaginaires à la faveur de l'amour, de l'amitié, des études de Lettres et du début de l'âge adulte. (Vous vous en souvenez peut-être si vous suivez ce présent journal depuis le début.) Je chéris l'année 2008 comme l'une des plus précieuses mais je crois avoir trop dévié de moi-même aujourd'hui. Et depuis trop de temps je tergiverse, je griffonne puis change d'avis, je commence puis abandonne... grâce à mon aimé et son coup de pouce, je suis de retour.

 

Lorsque, enfant, ma grand-mère et ma tante me gardaient, cette dernière me racontait des histoires sur mes peluches. Que faisaient-elles en mon absence ? (Comme je dis toujours, Toy's Story a toujours copié sur ma tatie !) Et puis très rapidement, haute comme trois pommes, c'est moi qui me suis mise à raconter les histoires. Je faisais vivre des aventures incroyables à mes peluches humanisées. Peu à peu j'ai couché sur le papier les péripéties de mes personnages, tant sous forme d'ébauche d'histoires que de bandes-dessinées. Je me revois encore, le front plissé de concentration et le sourire aux lèvres, sagement attablée, en train de tracer au crayon à papier des carrés dans mes cahiers, pour ensuite y dessiner des petites scènes et enfin venir colorier le tout avec un soin affectueux. Je possède toujours ces " BD " et leur trop grand sérieux, les listes improbables qu'elles contiennent, l'obsession de mes persos pour leur âge (j'ai 7 ans, j'ai 7 ans et demi, maintenant j'ai 8 ans...), tout cela me fait sourire aujourd'hui. Ce sont des affabulations sans queue ni tête d'enfant, bien entendu.

 

Loulou ma souris, sa famille et ses amis ne constituaient pas le seul terreau de mes mondes imaginaires. C'était simplement le seul univers dont j'ai gardé une trace palpable. Jamais je ne cessais de me raconter toutes sortes d'histoires diverses et variées, dont je serai incapable de ne retenir aujourd'hui qu'une sensation diffuse qui échappe au filets de ma mémoire lorsque je tente de me concentrer dessus. Néanmoins quelques impressions, paysages, détails demeurent depuis toujours gravés en moi sans que je sache pourquoi. Je vous les confierai peut-être un jour, mais pas aujourd'hui.

 

En grandissant je me suis un peu détournée de mes peluches mais mon caractère méticuleux m'a fait écrire des dizaines de fan-fictions différentes à propos de la série Buffy contre les vampires, parfois contenant des vampires uniquement. Histoires de fantômes, de sorcières (voir même sortilèges de sorcière !)... tout ce qui pouvait enflammer mon cœur. A l'âge de 14 ans j'ai découvert le britannique Tolkien avec Le Seigneur des anneaux (bien que j'avais déjà visionné, petite, le mauvais dessin animé de Bakshi) ainsi que l'américaine, enfant de l'Alaska, Robin Hobb avec la saga L'Assassin Royal... Ce fut un coup de foudre total et complet que jamais rien n'égalera. Et je suis tombée dans le fleuve épique, féerique et sauvage de la fantasy, jusqu'à m'y noyer quelques années plus tard.

 

Avec passion, je me suis attelée à la rédaction d'une histoire, dessins et coloriage des cartes de son monde y compris, que j'achevais la même année ou peut-être à mes 15 ans, ma mémoire flanche un peu sur ce point. Un pimpant cahier orange de 180 pages, feuilles blanches à grands carreaux, reliées par des anneaux sur le dos. Tout entier remplit de lignes noires et de passions d'adolescente. Il y était question de dragons protecteurs du monde, de cristaux magiques et maléfiques, de héros tourmentés et de nobles et dangereuses quêtes. Une histoire très mauvaise, bien entendu... mais au moins achevée, et je retirai une grande fierté de ce fait avéré.

 

A mon entrée au lycée, j'eus une période poèmes. Rien de bucolique ou romantique je vous rassure, il s'agissait plutôt d'un mauvais style sombre et provocateur, un Renaud gothique et gore mais en mauvais ou un Gainsbourg de 15 - 16 ans, en somme. (En les relisant aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir été une adolescente un peu dérangée...) En parallèle je consacrai un peu moins de temps à tous mes vampires, fantômes et sorcières car mon univers de fantasy prenait le dessus, pour bientôt m'accaparer. Je dut cesser mes journaux intimes à peu près à cette époque là aussi. Je piochais certains éléments et certains personnages de mon histoire de cristal afin de servir mon nouveau projet. Je créais tout un monde, avec sa géographie, ses coutumes, ses habitudes alimentaires, ses gouvernements, ses créatures fantastiques, ses magies... Plusieurs personnages devinrent des extensions de moi-même. Rapidement, ce monde prit en proportions telles que je me penchais davantage à en délimiter et agrandir les contours plutôt que de rédiger des histoires en elles-mêmes.

 

C'est là que ma sœur, ma meilleure amie, ma confidente, intervint. Elle aussi démiurge d'un monde médiéval fantastique, nous décidâmes de mêler nos deux créations. Honnêtement je ne me rappelle plus exactement à quel moment nous avions commencé cela. 16 ; 17 ou 18 ans ? Ensemble, nous étions capable de passer la journée à écrire, et souvent nous écrivions, en plus, séparées, chacune de notre coté, des "annexes" à rajouter à notre saga dès nos retrouvailles le lendemain. Il en a résulté des dizaines, des vingtaines de classeurs grands formats à deux anneaux bourrés à craquer, sans compter tous les cahiers supplémentaires, ni l'avancée de nos mondes séparés. Il résulte de cette quantité effarante de papiers noircis quelques bonnes idées et quelques bons passages d'actions ou d'écriture. Et également un désintérêt de deux jeunes femmes pour la vie réelle... Nous avions manqué beaucoup de journées d'école à cause de notre passion dévorante, et si cela ne nous empêcha pas d'obtenir notre Bac du premier coup ni de chercher à exercer une activité après cela, j'atteste pour ma part avoir beaucoup souffert à cause de ma trop grande immersion dans ce monde, à cause de la confusion qui s'était établie entre mes persos et moi. je ne parvenais plus à les délimiter de moi, je ne savais plus qui j'étais et je croyais être eux tous à la fois.

 

Et puis, nous avons grandit, nous nous sommes un peu brouillées je crois, et je pris conscience un beau jour devant ma feuille de papier que je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus continuer à donner autant de moi-même dans cette entreprise onirique. A 21 ans (à moins que ça soit 22 ?), je quittais mon monde pour le vôtre, celui qu'on semble appeler réalité. Et puis vous connaissez la suite, amour, amitié, études... Je n'ai plus rien écrit depuis à part quelques brouillons, plusieurs débuts de nouvelles, mes deux blogs et des RP sur des forums. Dorénavant je pense avoir la maturité pour écrire une véritable bonne histoire, la question est de savoir si ma passion et ma vive imagination ont résisté aux coups et déceptions inhérents à l'âge adulte. Nous le verrons bien, mais je suis prête à travailler et j'ai en ce moment le temps nécessaire pour commencer sérieusement cette nouvelle entreprise. Tout ce que j'accepte de vous révéler c'est qu'il ne s'agira pas de fantasy, mais pas non plus de quelque chose de " réaliste " ! A part cela je pense qu'il y a une ou deux, maximum trois nouvelles que je vais tâcher d'achever en plus.

 

Le mot de la fin : voilà j'écris et j'ai encore oublié de prendre mon repas, en plus de la faim, j'ai froid. Quand je me plonge longuement dans l'écriture, j'oublie tout ce qui se déroule autour de moi, j'oublie de manger et je finis par avoir très froid. Je me souviens d'un doux soir d'été où ma mère m'a trouvée en tapoter fébrilement à mon clavier, les mains dans mes mitaines et le corps emmitouflé dans mon manteau ! " Complètement ravagée ma pov' fille ! " Hahaha, j'en ris encore ! Ordinairement l'inspiration me vient surtout la nuit, mais je réussis à écrire de jour aussi. Je suis assez pointilleuse sur les stylos et les feuilles, même si à présent je n'écris quasiment plus qu'à l'ordinteur car je tape au clavier bien plus rapidement que je trace des signes sur le papier, et ainsi j'arrive à peu près à suivre le rythme de mes pensées ! Bon, je vais aller manger un peu avant de m'y remettre, mais pas à mon blog... ;)

 

PS : Je ne cesse de vous entretenir de ma relation avec l'écriture... je vous en parlais déjà dans tous ces articles :

> Réflexion  (un des premiers articles de ce blog... d'ailleurs j'ai fait du chemin depuis le Préambule...)

> Comment j'écris ?

> Je crois que je vais me remettre à écrire... (j'ai mis le temps !)

> Ca m'appelle

> Pourquoi écrire ?

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commentaires

T
Et bien continue d'écrire, je me rejouis d'avance d'en savoir plus sur ce nouveau monde que tu vas creer...<br /> J'espere te lire tres vite encore!
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[Tuto] Repérer et identifier une Hyatt sauvage

Carte d'identité : Hyatt, 1/4 chatte, 1/4 ourse, 1/4 rêve, 1/4 humaine.

Activités : faire le moins possible de mal durant son existence.

Peut être appâtée par : de la nourriture, un mot doux, un livre, du papier et un crayon, une séance de ciné, un jeu (plateau, carte, vidéo, de rôle...), un animal mignon, un dragon.

Se rencontre : généralement sur un canapé, dans un lit, derrière un ordinateur, dans la nature le plus près possible des arbres et/ou des étendues d'eau.

Se reconnait : à son tatouage en forme de rose sur la nuque et son labret (piercing au menton).

Un Truc À Chercher ?

Remerciements

Merci à vous tous de me lire et de parfois prendre le temps de me laisser un commentaire, ça me touche toujours beaucoup. Merci à mes lectrices et lecteurs d'un jour ou de toujours, que vous vous soyez manifestés à moi ou que j'ignore que vous me lisez.  

 

Il est vrai que j'écris avant tout pour moi-même, mais également pour vous un petit peu... Alors à vous tous que j'aime tant, qui réussissez à me supporter et me faites compter parmi vos proches, je vous dédie ce blog. Je vous dédie mes mots à tous.

 

 Merci.